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Fédération romande des socialistes chrétiens

Service de presse : J.-F. Martin, Saules 9, 1800 Vevey - redaction@frsc.ch

On peut encore résister au capitalisme !

Réunis à Lausanne, samedi 2 février, les socialistes chrétiens romands n’ont pas craint d’aborder un très gros sujet: face au capitalisme et à la mondialisation, peut-on reprendre le contrôle ? De récents événements ont d’ailleurs prouvé qu’il est urgent que la gauche réfléchisse à ce problème. S’il n’était pas question de définir une nouvelle théorie économique, orateurs et public se sont accordés à dresser un bilan catastrophique de l’économie mondiale, à définir quelques moyens de résistance et, surtout, à refuser la résignation. Le pasteur genevois Bernard van Baalen a ouvert la journée par une méditation rappelant que focaliser sur le ciel permet à d’autres de s’occuper des choses terrestres: les croyants sont appelés à être des hommes sensés qui observent concrètement les clauses de l’Alliance.Haute personnalité du journalisme mondial, le directeur du «Monde diplomatique», Ignacio Ramonet, a captivé l’auditoire par une saisissante synthèse de l’état du monde. Le capitalisme, s’il semble dominer sans partage l’économie planétaire, n’en traverse pas moins une série de crises qui sont l’occasion de le remettre en question et d’imaginer un «socialisme du XXIe siècle» à l’image par exemple de ce qui apparaît en Amérique latine. La presse, qui n’est plus un contre-pouvoir, se livre à un lavage de cerveau planétaire qui tente de convaincre les peuples que tous les malheurs économiques qu’on leur impose sont pour leur bien. Or, il y a beaucoup de gens qui n’y croient pas et se mobilisent. Cela devrait forcer le socialisme, qui s’était mis à la remorque de la mondialisation, en Europe particulièrement, à remettre clairement en question les certitudes et le soi-disant modernisme de la mondialisation. Si Sandrine Salerno, conseillère administrative socialiste de Genève, malade, n’a pas pu apporter sa contribution, Marianne Huguenin, syndique de Renens (POP-PdT), a poursuivi la réflexion en appelant à une résistance concrète et quotidienne à l’état d’esprit dominant. Admettant la faillite des modèles communistes, appelée par ses fonctions à gérer et atténuer les difficultés de ses administrés, elle a insisté sur les buts à viser (justice, solidarité), sur les possibilités réelles de faire de la politique avec des valeurs, en proximité continue avec la population, et sur la recherche des moyens de retrouver une démocratie effective.Ce n’est probablement pas demain que le capitalisme s’effondrera et que la Justice régnera. Les socialistes chrétiens refusent cependant le fatalisme: si l’on renonce à l’espoir de le rendre meilleur, le Monde ne peut que devenir pire ! JFMA disposition à l’adresse ci-dessus: photos numériques des orateurs.


Rencontre 2007 : La presse est en danger

Réunis à Yverdon-les-Bains, samedi 3 février, les socialistes chrétiens romands ont vu leurs craintes confirmées: en Suisse comme ailleurs dans le monde, les journalistes et les médias perdent progressivement leur indépendance intellectuelle. L’information est donc menacée; aux journalistes de monter en première ligne pour défendre leur métier et son éthique, avec le soutien des lecteurs-auditeurs-téléspectateurs-surfeurs qui ne doivent pas hésiter à réagir auprès des décideurs économiques.

Une médiation de Mme Isabelle Ott-Baechler, pasteure neuchâteloise, a placé la journée sous l’angle de l’éthique chrétienne: le tri du bon grain et de l’ivraie appartient à Dieu (le seul absolu), la démocratie implique le dialogue et l’acceptation de solutions à l’aune du moindre mal.

MM. François Gross, ancien rédacteur en chef, Jean-François Kister, journaliste à Radio-Cité, et André Kolly, producteur d’émissions religieuses à la télévision romande, ont dressé un saisissant tableau de la situation des médias: le pouvoir de la presse, qui est pourtant un élément essentiel de la démocratie, est en péril. Cela en raison de l’accès facile aux informations gratuites et de l’influence des exigences économiques sur le traitement des sujets: il faut faire ce qui marche et ce qui intéresse les publicitaires. Le niveau de traitement des sujets baisse et les médias d’opinion n’ont guère d’avenir.

M. Christian Campiche, journaliste à la Liberté, a évoqué la réaction des journalistes romands qui ont signé en nombre une pétition demandant le respect d’une éthique professionnelle dans les rédactions. Il a lui-même déposé une plainte auprès du Conseil suisse de la presse au sujet de publicités déguisées en articles rédactionnels. Il y a donc une réflexion au sein de la profession !

M. Christian Georges, journaliste lui aussi, a expliqué la nécessité de réagir à la prolifération de la presse “low cost” (pas seulement les journaux gratuits): les lecteurs doivent dire aux rédactions qu’ils déplorent l’absence d’articles plus élaborés et la prolifération des sujets futiles. Ce qui implique cependant d’accepter que l’information de qualité et indépendante a un coût. Le noir tableau n’est pas sans lueurs d’espoir: le récent rapport annuel de Reporters sans frontières considère que la liberté de la presse reste une réalité dans notre pays. Mais il convient de la défendre, à notre niveau de consommateurs, en soutenant les médias qui n’en restent pas aux futilités et qui démontrent un esprit libre et critique dans le traitement des sujets. JFM