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Votation du 26 septembre 2010 sur l'assurance chômage

Pour une économie solidaire tournée vers l’avenir !

Le 26 septembre prochain, le peuple suisse devra se prononcer pour ou contre la 4ème révision de la LACI. En effet, le référendum contre cette révision ayant abouti, nous serons appelés aux urnes.

Objectif de la révision

Le but de la LACI est de prendre en charge les demandeurs d’emploi sur le plan financier, par des indemnités (caisse de chômage) et de permettre la réinsertion professionnelle sur le marché de l’emploi (ORP). Comme vous le savez certainement, aujourd’hui cette assurance est endettée et sous-financée.

En conséquence, elle propose de réduire ses dépenses en diminuant les indemnités ; en augmentant les délais d’attente ; en dévalorisant le gain intermédiaire et en obligeant les moins de 30 ans à accepter un emploi sans tenir compte de leurs activités et de leurs formations antérieures.

Conséquences à cours terme

Ces mesures touchent surtout les jeunes demandeurs d’emploi et ceux de plus de 55 ans. Cette révision va provoquer des conséquences économiques importantes. En plus du fait que cela soit le plus fragilisé et le plus démuni qui devra assumer le déficit, la réduction des indemnités poussera beaucoup de demandeurs d’emploi à solliciter l’aide sociale, cela au risque d’augmenter la pauvreté en Suisse, contre laquelle lutte déjà Caritas. De même, ces restrictions réduiront la participation au développement économique des personnes concernées et augmenteront les charges financières des cantons.

Conséquences à long terme

En acceptant la 4ème révision de la LACI, nous sacrifions une partie de la jeunesse. Déjà, dans la conjoncture de crise actuelle, la concurrence est rude : de plus en plus de places pour débutants sont prises par ceux qui sont les plus expérimentés. De même, l’exigence des employeurs favorise souvent l’engagement des diplômés aux meilleurs résultats. Si notre assurance-chômage pénalise encore les jeunes, force vive de notre pays, alors effectivement les séquelles seront importantes et irréversibles, comme le dit l’économiste A. Sum, «nous chassons du marché du travail des jeunes qui ont besoin de l’expérience qu’ils peuvent y acquérir et qui, s’ils ne l’obtiennent pas, risquent d’en souffrir pour le reste de la vie». En même temps, si une bonne partie de nos seniors ne retrouvent pas rapidement un emploi, le marché du travail perdra leur acquis professionnel et la transmission de leur savoir-faire.

Si notre société décide cela, elle s’engage dans une économie à cours terme, sans avoir une véritable politique économique à long terme. En plus elle se détourne d’une justice de solidarité et de responsabilité, car «le travail est un bien de tous, qui doit être disponible pour tous ceux qui en sont capables. Le « plein emploi » est un objectif nécessaire pour tout système tendant à la justice et au bien commun.». Car, dans le travail l’homme se construit et construit son pays. Cette réalisation nécessite la solidarité et la participation de chacune et chacun de nous.

Solutions à cours et long terme :

A cours terme, selon une enquête syndicale, il a été calculé qu’il suffirait d’ augmenter le taux de cotisation, actuellement de 1 pour cent sur les hauts salaires, plafonnés à fr. 126'000.- , cela au même pourcentage que les salaires en dessous de ce plafond : 2.2, voire 2.5. Ceci permettrait à l’assurance chômage de réaliser un gain de 440 millions de francs, sans avoir besoin de démanteler la LACI.

A long terme, en refusant cette révision, nous pourrions permettre à l’Etat de développer une véritable politique de solidarité et une politique réfléchie qui favoriserait la recherche de projets d’avenir, au niveau de la formation à des nouveaux métiers par exemple, cela en tenant compte de la réalité du marché du travail et de la dignité de la personne humaine.

La Pastorale Monde du Travail vous invite à prendre position contre la 4ème révision de la Loi sur l’assurance-chômage.

Pour l’équipe Romande de la PMT : Christiane Gerber

LACI (Loi sur l’assurance chômage obligatoire et l’indemnité en cas d’insolvabilité)
L’objectif de Caritas est de diminuer, dans les 10 ans à venir, la pauvreté en Suisse
Andrew Sum, économiste, cité par Lizzy Ratner, dans le Courrier international, 1003, p. 31
Compendium de La Doctrine Sociale de l’Eglise, édition St Augustin, 2005, Saint-Maurice Suisse, art. 288 p. 164
Selon UNIA, le prélèvement d’une cotisation de solidarité à titre transitoire prévu à hauteur de 1 pourcent pour les salaires situés entre fr. 126'000 et 315'000 (voir dispositions transitoires)


Sujets politiques, abordés selon l'éhique de la PMT.

Juin 2007 - 5e révision de l'AI

Après l’acceptation de la 5e révision de l’AI

Sans surprise, les animateurs romands de la PMT ont pris acte de la décision populaire en faveur de la 5è révision de l’AI.

Au-delà d’une loi sur l’Assurance Invalidité qui sera remise à jour, la PMT s’inquiète d’un mouvement de fond dans lequel, les décisions politiques, gouvernées par les intérêts économiques, vont à réduire la couverture sociale des personnes déjà fragilisées de notre société. Cela par mesure d’économie. Alors que la Suisse et plus généralement le monde, d’un point de vue financier, n’a jamais eu autant de richesse et de ressource.

Il était difficile de prendre position face à cette révision de l’AI. D’ailleurs les divergences de vues des différents partenaires du monde du handicap, physique d’un côté (favorable à la révision), psychique de l’autre (contre) ont contribué à l’approbation de la révision.

Aujourd’hui, avec les associations engagées aux cotés des personnes physiquement handicapées, nous voulons espérer que l’AI leur permettra une réintégration plus facile dans le milieu professionnel. Nous verrons si les promoteurs de la révision et les milieux patronaux tiendront leurs promesses.

Nous déplorons le fait qu’au soir de la votation, personne n’ait eu le courage de déclarer que des milliers de rentiers AI vont se retrouver dans une situation de grande précarité. La politique y gagnerait en crédibilité si elle avait l’humilité de reconnaître ses limites.

Enfin, l’issue de la votation interpelle la Pastorale Monde du Travail et la charge d’une mission pour l’avenir. Il est d’actualité de recenser toutes les atteintes subies par les travailleurs dans le cadre professionnel : harcèlement, mobbing, pressions, chantages, menaces, etc. Aujourd’hui plus que jamais s’opère une prise de conscience des souffrances nées au travail. Les conditions de travail actuelles génèrent une foule de maladies et de pathologies qui inquiète le corps médical.

Le travail rend malade, physiquement et psychiquement.
A cause de cela de nombreuses personnes perdent leur emploi.

Les protections sociales de ces personnes rendues malades rétrécissent à vue d’œil.

La PMT doit s’engager à faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs victimes de ce système qui promet un avenir radieux seulement aux meilleurs des plus forts.

Jean-Charles Mouttet, le 22 juin 2007

AI : solidarité, où vas-tu ?

Prise de position de la PMT contre la révision :

La 5e révision de l’AI permettra d’économiser 500 millions de francs par an sur le dos des plus faibles de notre pays. Mesure « socialement supportable », dit la brochure du Conseil fédéral. Parmi les parlementaires fédéraux qui ont accepté cette révision, aucun ne sait, réellement, comment une telle mesure permet de vivre ; aucun d’eux ne survit avec un revenu inférieur à trois milles francs par mois.

Par contre, les mêmes parlementaires ne manquent aucune occasion pour rogner l’Etat social tout en offrant des avantages fiscaux aux personnes les plus aisées. C’est la logique du rouleau compresseur du libéralisme le plus cynique, qui poursuit inexorablement son bonhomme de chemin, écornant à chaque révision d’assurance sociale un peu plus la solidarité, faisant payer aux plus faibles et privilégiant les plus riches. C’est sur ce « fond d’écran » que s’inscrit la 5e révision de l’AI.

La méthode utilisée pour y parvenir démocratiquement a fait ses preuves : désigner les profiteurs, de sorte que toute une catégorie sociale soit soupçonnée de ne renfermer que des abuseurs professionnels. Après les étrangers, les requérants d’asile, les chômeurs , voici les profiteurs de l’AI.

Et demain, ce sera le tour de qui ? Des personnes âgées que la Lamal voudrait ne plus avoir à assurer ? Des malades ? De vous, de NOUS !

Le moment est venu de voir l’avenir en face et de vous affirmer solidaires; refusez qu’une nouvelle fois les nantis s’enrichissent sur le dos des petits. A vous de voir si vous partagez l’avis de la Pastorale Monde du Travail, service de l’Eglise catholique, au sujet de la 5è révision de l’AI.

Canisius Oberson, Cernier - Jean-Charles Mouttet, Alle


27 novembre 2005 : loi sur le travail du dimanche

Chères amies, chers amis,

Après la votation sur l’extension du travail du dimanche, gardons espoir que nos élus politiques sauront prendre acte de l’ensemble des volontés exprimées par la population. Durant toute la campagne les Eglises et la PMT se sont engagées à défendre le sens particulier du dimanche. Jour sur lequel se fonde la cohésion de notre société plurielle ; ce que vivent nos contemporains le dimanche est à la fois, aussi bien au plan social, que religieux, l’aboutissement d’une semaine écoulée et l’envoi vers de nouveaux jours d’activités. Cette pause dominicale donne sens à notre existence commune, à ce monde qu’ensemble nous construisons jour après jour. Vouloir nier cette particularité du dimanche, ce serait engager la société dans un avenir focalisé sur le « faire » et « l’avoir », - produire pour acheter -, en oubliant que notre vie se fonde sur notre ETRE intérieur : ce que nous sommes réellement, cachés parfois derrière de hautes façades de verres.

De toute évidence, dans un avenir proche, d’autres attaques seront portées à l’unité sociale dans laquelle le peuple Suisse s’est reconnu ce dimanche. Ne soyons pas terrorisés par celles-ci et tenons ferme l’espérance d’un monde où l’humain saura toujours se placer au-delà des « lois du marché » qui veulent le réduire à l’esclavage. La PMT tient à féliciter et à remercier toutes les personnes qui se sont engagées à promouvoir un dimanche de liberté offert à tous.

Nous vous souhaitons un temps de l’Avent et de Noël riche en Espérance. Nous vous adressons nos fraternelles salutations.

L’Equipe de la PMT romande
Guy Oberson, Michel Racloz, Jean-Charles Mouttet, Daniel Levasseur

Eléments de réflexion de la PMT au sujet de la campagne

Pour la plupart des gens, le dimanche est encore synonyme de jour du Seigneur, même si les « pratiquants » du dimanche se font de plus en plus rares dans nos églises. Au-delà de cette idée généralement admise, le dimanche doit rester jour de repos le plus largement possible.

La PMT dit non à l’extension du travail dominical et s’oppose fermement à une plus grande libéralisation dans ce sens. Elle s’engage résolument pour le maintien dans la loi du congé dominical.

Arguments :Autoriser l’ouverture des magasins dans les grandes gares va aiguiser la concurrence avec toutes les retombées négatives pour les travailleurs. Des travailleurs/ses qui ont déjà une position de faiblesse sur le marché du travail, notamment une majorité de femmes et de travailleurs/ses non qualifiés, vont subire toutes sorte de pressions et accepteront des conditions de travail et de salaires indignes. Le travail du dimanche, le plus souvent, porte gravement atteinte à la qualité de vie de ces travailleurs/ses, particulièrement pour ceux et celles qui chercheront à travailler 7 jours sur 7, soit par appas du gain, ou surtout pour combler un manque à gagner dû à la précarité salariale. L’extension du travail dominical porte gravement atteinte à la vie sociale et associative, à la famille notamment, privant les gens de ce jour privilégié pour « l’être ensemble » dans la vie familiale, culturelle et religieuse.

Guy Oberson


25 septembre 2005, votations sur la Libre-circulation.

Voici le texte de réflexion proposé par la PMT au sujet de ces votations :

Un regard différent sur l'extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux pays membres de l'Union Européenne.

Le sujet de la votation

Ce jour-là, le peuple suisse devra se prononcer sur l'extension de la libre circulation aux ressortissants des dix nouveaux pays qui ont rejoint dernièrement l'Union Européenne (UE).

Cet objet est un des sujets des accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE. D'ailleurs, la libre circulation est déjà en vigueur avec les 15 premiers Etats membres depuis le 1er juin 2002 avec quelques obstacles, qui ont été levés à partir du 1er juin 2004.

Suite à l'intervention des partenaires sociaux, les chambres fédérales ont décidé, à chaque fois, différentes mesures d'accompagnements, pour éviter une pression sur les salaires : commission tripartite de surveillance, possibilité d'étendre des conventions collectives et d'introduire des contrats types de travail, engagement d'inspecteurs du travail, durcissement des sanctions, loi sur les travailleurs détachés.

Il est également prévu un régime transitoire (système de quotas) jusqu'en 2011, voire 2014, pour éviter l'arrivée d'un trop grand nombre de personnes d'un coup.

Une campagne révélatrice d'enjeux importants

Actuellement, la campagne en vue de la votation s'intensifie. Il est très intéressant d'observer quelques points forts qui nous révèlent l'état de notre économie, de l'organisation du monde du travail et des sentiments des travailleurs et travailleuses, en particulier dans notre pays.

La peur

Notons tout d'abord, l'expression régulière de la peur. Manifestement, ce sentiment est largement partagé dans divers secteurs de la population. Cette peur peut avoir pour source différents facteurs : arrivée d'étrangers, baisse des salaires, disparition de places de travail, pression sur les conditions de travail entre autres.

Ces divers facteurs existent déjà malheureusement et ils ont tendance à prendre de plus en plus d'importance dans la vie des gens.

Aussi, d'une part, il serait judicieux de se demander ce qui est à l'origine de cette évolution et d'autre part de voir si ce n'est pas une invitation à développer une autre manière de vivre.

De la désorganisation du monde du travail et de la paix du travail

D'une certaine manière cette peur a été entendue par les partenaires sociaux et les autorités politiques, puisqu'ils ont voulu des mesures d'accompagnement. Toutefois, de l'avis de certains, ces mesures sont bien insuffisantes. D'où une motivation importante pour s'opposer à cette extension.

En tout cas, cette situation nous révèle d'une part que le monde du travail en Suisse est relativement peu structuré (un faible nombre de travailleurs en proportion sont aux bénéfices de conventions collectives de travail par exemple) et que d'autre part il est nécessaire d'assurer un meilleur contrôle pour éviter des pratiques injustes et déshumanisantes. Cela nous montre aussi que la fameuse "paix du travail" est fragile et qu'elle demande à être construite et reconstruite sans cesse en tenant compte des changements en cours. Il ne peut pas y avoir de vraie paix sans justice sociale et prise en considération des plus petits. Et ce ne sont pas le marché, la main invisible ou un libéralisme à tout va qui peuvent assurer cette paix !

Les sources de nos richesses

Enfin, il ressort de la campagne assez clairement qu'un des enjeux principaux est économique. On estime qu'en Suisse, un franc sur trois est gagné dans les échanges avec l'Union Européenne. D'ailleurs, c'est bien connu, une part importante de notre niveau de vie provient du commerce que nous établissons avec les autres pays (exportations, tourisme, argent et fonds placés dans notre pays). Si nous vivions entre nous, coupés du monde, il nous manquerait bien des produits, des contacts, des travailleurs et travailleuses et notre niveau de vie, en tout cas matériel, serait tout autre !

Comment voyons-nous notre rapport à la terre et au monde ?

Ainsi, l'objet de cette votation pose la question du partage, des échanges et de la réciprocité. N'oublions pas que la libre circulation peut aller dans les deux sens !

Par ailleurs, jusque vers 1890, de nombreux concitoyens se rendaient dans d'autres pays pour trouver du travail et pour nourrir leur famille. Actuellement, les Suisses à l'étranger sont aussi très nombreux.

Est-ce que chacun et chacune n'aspire pas à pouvoir se déplacer librement et à s'installer là où il le souhaite sans trop de contrainte ?

En faisant un pas de plus, nous devrions certainement nous interroger sur notre rapport à la terre. En sommes-nous propriétaire ou simplement locataire avec d'autres ? N'aurions-nous pas pu naître au fin fond du désert, dans un bidonville ou encore dans un pays en guerre plutôt que sur nos vertes prairies ?

Cet accord n'est certainement pas parfait. Il est le fruit de nombreux compromis tant entre la Suisse et l'UE qu' à l'intérieur de notre pays comme dans les autres. L'accepter ou le refuser impliquent des avantages et des inconvénients et ce n'est pas sans risque. D'ailleurs, dans un monde en constants changements, il est bien difficile de savoir ce qui va arriver dans cinq, dix, quinze ou vingt ans !

Aussi, j'invite chacun et chacune à réfléchir aux enjeux de cette votation, en prenant du recul par rapport aux messages et aux prévisions simplistes. De plus, cette réflexion peut être utile pour l'avenir et nourrir d'autres débats et engagements.

Michel Racloz, le 29 août 2005